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À vous la parole (13 commentaires)

« Une chose me gêne dans cette parabole de Jésus et dans toutes les interprétations que l’on en fait. A aucun moment on a le ressenti et le point de vue de cet homme tombé aux mains des brigands. On ne sait même pas s’il s’en sort? Mais comment? vivant ou mort? Avec des séquelles?
Je trouve qu’on va bien vite en besogne, même si je suis comme tout le monde et que quand je lis « il a prit soin de lui, a pansé ses blessures avec de l’huile et du vinaigre », grosso modo de l’alcool pour désinfecter et de la crème pour apaiser et aider à la cicatrisation, quelques bandages pour éviter l’infection sur des plaies ouvertes, je me dis que c’est probablement ce qu’il fallait faire mais je ne suis pas médecin. Et l’éventuelle commotion cérébrale? L’hémorragie interne? Le choc psychologique, émotionnel? L’aubergiste comme « hôpital de campagne? Médecin malgré lui?
Oui, elle me parle cette parabole, du point de vue de la victime, sans nom et muette…
»

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Isabelle - 09 octobre 2023 - 18:03

« Chère Isabelle,
La parabole est un récit qui utilise les mots et les événements de la vie de tous les jours pour nous parler d’autre chose comme du Royaume de Dieu, la morale, la vie spirituelle, un peu comme une fable qui fait parler des animaux pour donner une leçon de morale ou de sagesse. La parabole est racontée comme une histoire à décoder, une énigme. Pourquoi ? Pour amener celui qui écoute à réfléchir sur sa conduite ou encore lui faire découvrir la réalité invisible du Royaume, du règne de Dieu, la vie spirituelle ou le salut apporté par Jésus.
Comment en découvrir le sens ? En regardant le contexte. À qui Jésus s’adresse-t-il lorsqu’il raconte la parabole du bon Samaritain ? Au docteur de la loi qui l’interrogeait pour le mettre à l’épreuve, pour voir si Jésus connaissait sa religion et la loi. Alors Jésus lui répond par une question et une parabole. Le docteur répond avec justesse. Il a compris la morale.
La parabole a été racontée il y a 2,000 ans. Les blessures sont soignées avec ce que le Samaritain avait dans ses bagages : des bandages, de l’huile, du vin. Ici les soins sont donnés à l’envers. L’alcool désinfecte, l’huile adoucit, les bandages protègent. Le Samaritain soigne à l’envers. Jésus fait exprès, c’est bizarre. C’est le signe que le récit a un sens symbolique, à découvrir. Je suis allé voir chez le Pères de l’Église qui ont appris avec les apôtres. Tous les mots sont symboliques dans cette histoire. J’en ai donné le sens dans un précédent commentaire »

Anita - 10 octobre 2023 - 0:28

« Chère Isabelle,
Je crois que je comprends ce que tu dis. Tu me dis si je me trompe. Tu éprouves de la compassion pour le blessé. Du point de vue du XXIe siècle il n’est pas bien soigné, ni physiquement, ni psychologiquement, et on ne s’occupe pas de ses émotions, ni de ses ressentis, et l’hôpital aurait été préférable à l’auberge. Et tu t’intéresse au sort futur de ce pauvre homme à moitié mort. Pas d’hôpitaux à l’époque, reste l’auberge parce que le Samaritain a probablement un rendez-vous important.

Quel est le but de Jésus lorsqu’il compose spontanément cette parabole. Certainement pas de raconter un fait divers comme à la TV à la façon du XXIe siècle.
Il compose un récit qui a pour but de faire comprendre au docteur de la loi que les Samaritains, qui étaient méprisés par les Juifs de l’époque, parce qu’ils refusaient de venir prier au temple de Jérusalem pour prier, étaient aussi du bon monde, qu’ils pouvaient éprouver de la compassion pour un blessé étranger et l’aider en cas de besoin. En même temps, il le fait répondre lui-même à la question qu’il avait posé à Jésus : « Qui est mon prochain.? »

D’après le Pères de l’Eglise, tous les éléments de cette parabole ont un sens caché. J’ai lu lors de mes nombreuses lectures que les rabbi, les maîtres de l’époque faisaient ainsi pour apprendre à leurs disciples à réfléchir par eux-mêmes. Les disciples sérieux interrogeaient le maître lorsqu’ils ne comprenaient pas, les autres se contentaient du « cours » de morale. »

Anita - 10 octobre 2023 - 1:02

« Qu’arrivera-t-il à ce pauvre homme.
D’après les Pères de l’Église, si j’ai bien compris, l’homme attaqué par les bandits c’est chacun de nous pauvres pécheurs aux prises avec le Malin et ses tentations. Nous sommes blessés par les péchés que nous commettons, ils nous nuisent et nuisent aux autres. Nous sommes sauvés par Jésus (représenté par le bon Samaritain) qui nous confie à l’Esprit Saint (l’aubergiste) ; tous et chacun membres de l’Église, solidaires dans l’auberge.

Jésus est venu pour nous apprendre comment faire pour nous en sortir.
J’espère avoir répondu à tes questions,
Anita
»

Anita - 10 octobre 2023 - 1:20

« En fait, je suis d’accord avec tous les commentaires et la méditation du Père, il m’a fait découvrir un nouveau point de vue : aider celui dont je n’ai pas envie de m’occuper. Le sens symbolique du salut que les Pères ont partagé m’a semblé si intéressant que j’ai voulu le partager. »

Anita - 10 octobre 2023 - 1:30

« Perle extraite de la parabole du bon Samaritain par saint Basile :
« … parce cette rosée de Dieu (qu’est l’Esprit Saint) nous est nécessaire pour que nous ne soyons pas consumés, ni rendus stériles et que pour que là où nous avons un Accusateur nous ayons aussi un Défenseur, l’action consolatrice de l’Esprit Saint est illustrée par l’aubergiste à qui l’on confie l’homme qui est tombé aux mains des brigands. Lc 10, 25-37 Le Seigneur a confié l’homme à l’Esprit Saint pour son propre bien, l’homme tombé aux mains des brigands, cet homme dont il a eu compassion et dont il a lui-même bandé les blessures, donnant deux deniers royaux pour que après avoir reçu par l’Esprit, l’image et l’inscription du Père et du Fils, nous fassions fructifier le denier ainsi confié et nous le remettions au Seigneur ainsi multiplié. » (Iren. haer. 3, 17, 3) (1)

Par nos commentaires, nous avons médité le texte du bon Samaritain moralement parlant ; spirituellement parlant :
- L’homme tombé aux mains des brigands est chacun de nous victimes du péché, du mal, de la mort auxquels il nous était impossible de résister parce que fils d’Adam.
- Le Seigneur a bandé nos blessures par sa mort résurrection,
- y ajoutant l’huile de l’onction baptismale afin de nous consacrer prêtres, rois et prophètes,
- y ajoutant le vin de l’action de grâce.
- Il nous conduit à l’Église, temple de l’Esprit afin de compléter notre guérison..
1. Extrait du discours du Pape François, lors de l’ouverture du synode sur la synodal »

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Anita - 09 octobre 2023 - 16:09

« …synode sur la synodalité.

… pour qu’une fois guéris, nous fassions fructifier le denier qui nous a été confié. »

Anita - 09 octobre 2023 - 16:22

« L’aubergiste symbole de l’Esprit habitant l’Église (l’auberge) et par conséquent chacun de nous qui sommes l’Église aux nombreux ministères chacun selon ses charismes, ses compétences, ses talents, sa vocation, son appel, sa mission… »

Anita - 09 octobre 2023 - 16:32

« « … après avoir reçu par l’Esprit l’IMAGE et l’INSCRIPTION du Père et du Fils » (a écrit saint Basile). Qu’est- ce que cela veut dire ?
Réponse :
- « Faisons l’homme à notre image. » avait dit Dieu en Gn 1. Suite au péché d’Adam la ressemblance avec Dieu avait été perdue.
- Jésus par le soin donné à nos blessures, restaure en nous l’image que nous devions être de notre Père du ciel. Il fait de nous ses fils et ses filles capables d’agir comme lui malgré nos nombreuses chutes. On se relève.

Quant à « l’inscription » : d’après Ez 9, 4 : une marque sera apposée sur le front de ceux qui pleurent sur les abominations qui se font. Elle nous parle aussi de la marque du sceau sur les fronts des serviteurs de notre Dieu. » Ap 7, 3 »

Anita - 09 octobre 2023 - 17:06

« Combien vrai ! Frère Hervé,

« La question est : « De qui me vais-faire proche? »

Trop souvent, nous sommes prêts à rendre le service qui nous convient mais à ne jamais satisfaire le besoin réel dont la demande a été explicitement exprimée, attitude qui est source de détresse, d’un sentiment d’abandon et d’impuissance.
Puisse le Seigneur éclairer nos consciences et nous donner un coeur qui sache écoute, qui se fait attentif aux besoins réels exprimés par ceux qui les demandent.

»

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Anita - 09 octobre 2023 - 13:52

« Un exemple concret. Mon fils et moi circulions sur une petite route, lorsque nous avons vu une dame âgée dans un fossé, nous avons ralenti puis continué notre route. Nous étions inquiets, mon fils hésitait à faire demi-tour. Finalement nous sommes retournés voir, la dame marchait au bord de la route, elle coupait de l'herbe tout simplement ! Avec mon fils nous avons partagé ce moment de soulagement, l'un comme l'autre avons dit la même chose. Si le lendemain nous avions vu qu'une personne âgée était restée dans le fossé toute la nuit, nous nous serions sentis coupables et honteux.
Donner cinq minutes à notre prochain ne coûte rien.
Bonne journée à tous. »

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monette - 09 octobre 2023 - 11:25

« Ce texte d’évangile assez dense, court, concret est une épisode qui nous interpelle tous chrétiens des 5 continents . Personnellement, j’aimerais bien agir comme le samaritain, mais aujourd’hui, j’ai peur d’aider publiquement.
Je pense que c’est Dieu seul qui peut encore agir comme le samaritain
Moi je ne veux juger personne .
»

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BRUNO - 09 octobre 2023 - 4:55

« Il m'est souvent arrivé de faire un détour parfois même un grand détour pour éviter de rencontrer celui que le Seigneur voulait que je fasse peut-être connaissance ! Pardon Seigneur , pour TOUS ces manquements à la charité ! »

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Didier - 09 octobre 2023 - 3:55

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